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19 mai 2021

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Texte 1

 

 

Christophe Colomb v. 1450 ou 1451—1506

Après une escale aux Açores et dans les prisons portugaises d’où il fut vite libéré sur les ordres du roi Jean II, Christophe Colomb est de retour à Palos le 15 mars 1493; la nouvelle se répand très vite dans toute l'Europe. Il a réussi son incroyable pari : atteindre les Indes par l'ouest en traversant un océan où nul n'avait jamais osé s'aventurer aussi loin. S'il restait encore des sceptiques, il vient de prouver, en reliant par l'ouest un pays du lointain Orient, que la Terre est bien ronde. Il n'a touché que quelques îles situées à l'extrême de l'Orient; on peut à présent les appeler occidentales. Nul ne doute qu'il découvrira un passage pour atteindre le continent indien. A Séville, on prépare une grande fête pour recevoir avec faste l'explorateur de retour. Il sera ensuite accueilli à la cour de Barcelone où siègent le Rois Catholiques Ferdinand et la reine Isabelle, grâce auxquels il a pu effectuer ce voyage extraordinaire. Bien peu au départ croyaient à la réussite de cet Italien originaire de Gênes. Celui-ci rêvait depuis toujours de découvrir des pays mystérieux, des routes maritimes inconnues. Tout jeune, comme beaucoup de ses compatriotes, il avait quitté le port de Gênes pour la péninsule Ibérique. Il arrive au Portugal en 1476 ou 1477. Son frère Bartolomé tenait une officine de cartographie à Lisbonne; Christophe alla y travailler quelque temps. Il y entendra des récits fabuleux décrivant les pays et les mers les plus étranges, que des marins rapportaient de bien loin. En 1479, Christophe Colomb épousa la fille de celui qui découvrit, quelques années auparavant, l'archipel de Madère pour le compte du Portugal. Colomb participera avec lui à une expédition vers les côtes de l'Afrique. Et, peu à peu, il va élaborer son projet de liaison avec l'Orient par l'ouest. Il a d'abord sollicité l'aide de Jean II, roi de Portugal, qui ne fut pas convaincu par ses arguments; les conseillers de ce dernier le poussèrent à refuser. Peu après, Bartolomé, le frère de Christophe Colomb, se rendit en Angleterre et en France mais il ne put y trouver de commanditaires sûrs. Christophe Colomb quitta alors le Portugal pour la Castille. En 1486 il rencontre la reine d’Espagne qui rejette son idée, néanmoins elle institue une commission placée sous la présidence d’Hernando de Talavera, chargée d’étudier son projet. Elle lui alloue une provision de 1 200 maravédis par an. C'est la capitulation de Grenade en 1492 qui décida enfin les souverains Isabelle et de Ferdinand d’aider Colomb (les armateurs Pinzon participant aux frais). Quatre-vingt-dix hommes ont été embauchés dans les bas quartiers de Palos; certains d'entre eux furent même tirés de prison. Le ravitaillement embarqué, les trois caravelles la Santa Maria, la Niña et la Pinta ont quitté Palos le 3 août 1492. Après une escale aux îles Canaries, Colomb  nommé amiral de la flotte océane, vice roi et gouverneur de toute les terres qu’il découvrira, leva l'ancre le 6 septembre pour affronter les « sept cents lieues » de mer qui, d'après ses plans, devaient le séparer des terres du grand khân. Après cinq semaines de voyage, l'angoisse et le découragement des marins étaient sur le point de se transformer en révolte quand, de la proue de la Pinta, s'éleva le cri « Tierça! Tierça ! ». La terre était atteinte;  il aborda le 12 octobre à Guanahani, une des Lucayes, puis à Cuba et à Haïti,cette île sera nommée San Salvador. En voyant l'aspect des indigènes, Colomb en conclut qu'ils n'étaient pas sujets du grand khân et pensa qu'il avait abordé dans une île au sud-est du Japon. Un peu plus loin, il aperçut les territoires de la Chine. Au cours de son deuxième voyage (1493-1496) à la tête de dix-sept navires, il reconnut plus de soixante îles qu’il baptisa Dominica, Guadeloupe, Monsserat, Antigua, Santa Cruz... Lors d'un troisième (1498-I5OO) et d'un quatrième voyages (1502-1504), il toucha aux rives du Venezuela (Paria) et de la Colombie, et longea l'Amérique centrale, du Honduras à l'isthme de Darién. Nommé vice-roi des territoires découverts (1493), il fut destitué au cours de son troisième voyage. La découverte de ce qu’on allait appeler Amérique fut a l’origine du traité de Tordesillas (1494), qui partagea le Nouveau Monde entre l'Espagne et le Portugal. Il mourra en 1506 à Valladolid sans savoir qu'il avait découvert l'Amérique.

 

Histoire d'une mystification


Une carte intitulée Universalis cosmographia, publiée à Metz en 1507 par un jeune cartographe Martin Waldseemüller et Matthias Ringmann, fait apparaître le Nouveau Monde comme un continent distinct entre l'Europe et l'Asie. En affirmant que «la quatrième partie du monde se doit d'être nommée Terre d'Amerigo, ou Amérique », son auteur, accrédite la prétention du navigateur Florentin Amerigo Vespucci d'y avoir précédé Christophe Colomb.
Avant que Vespucci ne fasse circuler cette gratifiante légende, son titre de notoriété reposait sur sa parenté avec la voluptueuse Simonetta, qui servit de modèle à Botticelli pour sa Naissance de Vénus. A présent, le voilà navigateur! Vespucci a publié en 1504 à Saint-Dié en Lorraine la relation de ses trois expéditions comme s'il les avait entreprises seul. La première, qu'il date de 1497, n'a en fait débuté qu'en 1499, soit un an après le troisième voyage de Colomb. Elle se résume à une razzia menée sur les côtes de Saint-Domingue dont le clou avait été la découverte d'un village indien construit sur l'eau, qui a été nommé Petite Venise, ou Venezuela. Deux autres expéditions ont permis de dresser la carte des côtes du Brésil, où un avant-poste nommé Rio de Janeiro a été fondé le Ier janvier 1502.
Vespucci s'y entend mieux en propagande qu'en navigation. Nul doute que la « Colombie » aurait été un nom plus approprié et plus juste qu’Amérique.
Par la suite les cartographes, même les plus renommés dont  Gerardus Mercator vont pérenniser son prénom latinisé en «Americi» pour désigner
le nouveau monde. 

  
La soif de l’or va engendrer

l’esclavage et le plus grand

génocide de l’histoire


A son second voyage lorsque Colomb arriva à Hispaniola (Haïti) ou il avait installé sa première colonie, il découvrit que les hommes qu’il avait laissé avaient été massacrés par les indigènes exaspérés par leurs exactions et la cupidité de l’or. Les deux missions des explorateurs étaient de convertir les populations et enrichir le Trésor Royal espagnol. Dans Isabella qui aurait dû devenir la capitales commerciale et religieuse seule la mort et la désolation y règne. Des centaines d’Amérindiens réduits en esclavage sont mort, d’autres ont été massacrés lorsque Colomb a ratissé l’intérieur de l’île à la recherche de l’hypothétique métal. Les Espagnols ont eu beau fouiller l'île de fond en comble, l'or, symbole de tous leurs espoirs, est plutôt rare ici. N'importe, il doit bien exister et il s'agit de s'en procurer. Ils ont donc eu recours à deux moyens infaillibles dont les insulaires ont été directement les victimes. Ils ont tout d'abord institué une taxe payable en or, les indigènes qui s'en sont acquittés doivent porter un collier de cuivre. Ceux qui n'en portent pas, convaincus de vouloir échapper à l'impôt, auront les mains coupées. Puis, ils ont décidé de réduire tous les Indiens en esclavage en les faisant travailler sur des propriétés selon le système connu sous le nom de encomienda1. Les Indiens, accablés de malheur, meurent en masse.


1-L’encomienda désigne l’attribution en « commende »(commandite), aux conquistadores et aux membres des grandes familles de Castille, de propriétés foncières dans les territoires « découverts », où ils exercent à la fois les pouvoirs d'un seigneur et ceux d’un chef spirituel. Les encomenderos, à charge pour eux de civiliser et d’évangéliser les populations indigènes de leurs « paroisses », avaient le droit de contraindre celles-ci à travailler pour eux, dans la mesure où le tribut qu'il pouvaient exiger d’elles était commuable en « corvées ».




Les lois de Burgos

autorisent l'esclavage aux Amériques


En 1511 après la barbare conquête de Cuba, dans son célèbre sermon de 1'avent, le dominicain Antonio de Montesinos dénonce en chaire devant le vice-roi en personne « la cruauté et la tyrannie » dont les colons usaient « envers un peuple innocent ».
On chercha à le faire passer aux yeux de Ferdinand le Catholique pour un « subversif » mais la Couronne était sensible au contre-pouvoir que représentaient les hommes d'Église, face aux ambitions et aux excès des conquistadores. Dès l’origine, la reine Isabelle de Castille s'était opposée à la traite des esclaves initiée par Colomb, renvoyant même en Amérique ceux dont il lui avait « fait présent ». En 1511, les premiers esclaves noirs sont arrivés à Cuba. Venant des côtes de Guinée en passant par Séville, ils sont une marchandise dont les Portugais font commerce depuis plus d'un siècle. L'esclavagisme au Brésil est une doctrine officielle qui sera renforcée à la nomination de Tomé de Sousa comme gouverneur général, en 1549. Les Espagnols, exclus d'Afrique par l’arbitrage papal de 1493, doivent se contenter d'accorder l'asiento, le privilège du transport des esclaves, à des étrangers. Ce sont donc les Hollandais et les Italiens qui vont se charger d'effectuer le transport des Noirs aux Amérique. Il s'agit alors de remplacer la population indienne décimée par le travail et la christianisation forcée. Avec l'idée que « le travail d'un Noir vaut celui de quatre Indiens », le dominicain Bartolomé de Las Casas prétend s'élever contre l'encomienda qui regroupe des Indiens sous l'autorité d'un colon. Cette pratique, instituée en 1503 par la cédule de Mars d'Isabelle la Catholique sous couvert de christianiser les populations indigènes, les organise, en réalité, en colonies de travail. L'encomienda  est définitivement mise en forme dans les lois de Burgos du 27 décembre 1512. Les colons espagnols vont pouvoir « protéger » les Indiens qu'ils ont mission de « christianiser », puisque les esclaves guinéens viendront décharger ceux-ci des plus dures tâches. Mais, à Hispaniola, c'est-à-dire à Saint-Domingue où la population indienne était de deux à trois cent mille personnes en 1492, le nombre des Indiens n'est plus que de vingt mille quand sont promulguées les lois de Burgos. A la suite de Montesinos le père Bartolomé de Las Casas, ordonné prêtre en 1514, se fait l'apôtre des Indiens et 1es conférences du dominicain Vitoria ébranlent l'Espagne; la découverte de l'Amérique soulève le problème de la légitimité morale et juridique de la conquête. Ces préoccupations amènent Charles Quint à réunir à Valladolid en 1550 un groupe de théologiens devant trancher sur le sujet. S'affrontent alors les conceptions de Juan G. de Sepulveda et celles de Las Casas et de Francisco de Vitoria. Sepulveda soutient l’infériorité des Indiens païens, qualifiant la conquête de « juste guerre ».  Le requerimiento, rédigé par Palacios Rubios est adopté en 1513 ; les conquérants de nouveaux territoires doivent lire aux Indiens un texte aux termes duquel ils sont sommés de se convertir et de se soumettre à la Couronne espagnole, en cas de refus, l’usage de la force est autorisée. Avec Las Casas, Vitoria rejette l’utilisation de la violence pour sauver des âmes et le droit du pape à disposer de l'Amérique. Néanmoins, il y justifie la présence espagnole par les droits naturels de circulation, commerce et prédication. L'impact des idées de Las Casas et Vitoria ne change cependant pas le sort des Indiens. Las Casas, venant d'Amérique, rédige alors une Brevissima relacion de la destruycion des las Indias, où il démontre que la conquête a détruit des sociétés organisées et qu'elle a été suivie des plus grandes atrocités

- Une autre fois, le même tyran alla à une ville qui a nom Cota, prit là grande quantité d'Indiens et fit démembrer par ses chiens quinze ou vingt seigneurs des principaux et coupa les mains à grande multitude d’hommes et de femmes. lesquelles mains il enfila le long d'une perche afin que les autres Indiens vissent ce qu'il avait fait à ceux-là. I1 y avait enfilé septante couples de mains. Il coupa aussi à plusieurs femmes et enfants le nez. -


Il dénonce aussi l'attitude complice du Conseil des Indes. Las Casas soutient que le seul droit de l'Espagne sur l'Amérique est celui de l'évangélisation pacifique, à l'image de la colonie dominicaine de la Vera Paz (Guatemala). Charles Quint réagit, en épurant le Conseil et en promulguant de nouvelles lois favorables aux Indiens. Après un nouveau séjour en Amérique, Las Casas revient en Espagne, d'où il continue sa lutte contre les abus des colons, et il publie à Seville en 1552, sa « Brève relation » écrite dix ans plus tôt. Malgré cela, l’extermination systématique se poursuit avec, pour corollaire, le remplacement des Indiens par les esclaves africains. De 1502 à 1509 durant le gouvernora d’Ovando, les Taínos d’Haïti étaient passés de un à trois million d’âmes à quarante mille. Des populations entières seront décimée par les massacres, les déportations, le travail forcé sous des conditions épouvantables notamment dans les mines d’argent de Potsosi (découverte en 1545 en Bolivie ) et les suicides collectifs,  seul et dernier recours des Indiens pour s’extraire à la cruauté des tyrans chrétiens . L’introduction des maladies européennes variole, rougeole, dysenterie, typhoïde et tuberculose feront encore plus de victimes. Des côtes de l’Amérique du nord comme du sud elles se développent rapidement vers l’intérieur en suivant les voies de la conquête. En Nouvelle-Espagne comme sur la côte nord, Maine, Rhode Island ou Virginie la chute de la population indienne est estimée à 90%.
Après que Ponce de Leon découvre la Floride, que Vasco Nuñez de Balboa taillant autant de lianes que de têtes découvre un vaste océan qu’il nome Pacifique, Hernan Cortez termine sa conquête du Mexique en 1521 dans le bain de sang des 300 000 habitants de Tenochtitlan (Mexico) et les Frères Pizarro et Almagro sont maître du Pérou après avoir exécuté Atahualpa en 1533. Il ne restera plus rien des empires aztèque et inca sauf quelques tonnes de métaux précieux qui rempliront la Torre del oro à Séville.
Plus au nord in America, qui sera celle des Vanderbilt, des Rockfeller ou Henry Ford, celle de Texaco et Microsoft, Bas de cuir et le dernier des Mohicans ne sont plus, Sequoyah apprend l’écriture à ses frères noyer dans l’alcool, les Algonquins et la ligue Iroquoise ont éteint les feux de leurs conseils pour se perdre dans la nuit perpétuelle où tant de peuples indiens sont déjà ensevelis. Tout sera consommé le 30décembre 1890, à Wounded Knee lorsque le « glorieux » 7e de cavalerie mis fin à la lente agonie des tribus des plaines en massacrant courageusement à la mitrailleuse trois cents Sioux pour la plupart des femmes et des enfants. Les soldats ivres de vengeance hurlait « souvenez-vous de Custer! » leur ancien chef The squaws killer mort victime de son orgueil le 25 juin 1876 lors de la défaite de Little Big Horn.
En 1875 le Boston Post publiait : « L’histoire des relations entre l’homme blanc et l’homme rouge a été celle, continue, de la rapacité, de la cruauté et de l’absence complète de sentiment du côté blanc. » 
Environ trois siècles avant, Las Casas disait : « La cause pour laquelle les chrétiens ont détruit une telle quantité d’âmes a été seulement qu’ils ont tenu pour leur dernière fin et but l’or, et de s’enrichir en peu de temps… »

Quant il fut nommé évêque du Chiapas en 1546 il ne pouvait se douter que les enfants de ses protégés, les derniers Mayas ou  Indiens zapatistes, combattraient encore pour leur dignité en 1994.

 

 

Texte 2

 

Galileo  Galelei 1564-1642

Le système héliocentrique de Nicolas Copernic
L'astronome polonais Nicolas Copernic a publié, peu avant sa mort, un ouvrage sur les mouvements des corps célestes, De revolutionibus orbium cœlestium libri sex. Il y dénonce le principe du système géocentrique, en vigueur depuis Ptolémée (IIe siècle). Pour Copernic, ce n'est pas la Terre, mais le Soleil qui est le centre du mouvement des planètes. Après des études de mathématiques, d'astronomie, de médecine et de droit, Copernic fut attaché jusqu'en 1512 comme médecin à son oncle, Lukas Watzelrode, évêque de Erlangen. Il consacrait son temps libre à ses études astronomiques et s'intéressa, après 1507, à la question des mouvements planétaires. Copernic mit tout d'abord en évidence le fait que le système géocentrique ne permettait pas de prévoir exactement les mouvements planétaires. Abandonnant la théorie de Ptolémée, Copernic put reprendre le fil des idées développées par Aristarque de Samos (vers ~310-230), qui avait, grâce à ses observations, mis au point les premières méthodes permettant de calculer la vitesse de révolution des planètes et tenté de déterminer les distances des planètes entre elles et le Soleil. Les vitesses calculées par Aristarque lui semblèrent tellement élevées qu'il en vint à estimer que c'était la Terre qui tournait autour du Soleil et non l'inverse. S'appuyant sur les idées d'Aristarque, qu'il intègre à ses travaux, Copernic explique le mouvement des constellations autour d'une étoile fixe par le propre mouvement de rotation terrestre. Cette hypothèse lui permet de calculer avec une bonne précision les mouvements planétaires, sur une orbite qu'il estime circulaire. Les travaux de Copernic marquent une révolutlon, non point tant astronomique que spirituelle, la mise en question de la vision géocentrique du monde, établie en dogme par l'Eglise, étant aussi celle de sa vision anthropocentrique.
 
Galilée condamné par l'lnquisition
C'est le moine Dominicain, théologien et philosophe, Giordano Bruno qui le premier, déjà avant le déclin du XVIe siècle, a transporté la théorie de Copernic, du domaine de l'astronomie, dans celui de la cosmographie et de la philosophie naturelle. Par là, il avait entrepris la lutte la plus chaude et la plus passionnée contre l'ancienne conception du monde, provoquant ainsi cette puissante exaltation des organes de l'église combattant alors avec une violence particulière toutes les « hérésies » comme on les appelait et qui lui attirait brusquement la mort du martyre. Ses réserve sur le dogme et sa révolte devant les abus de l’Église lui font quitter son couvent en 1576. Après une longue errence en Europe il est arrêté par l’Inquisition à son retour à Venise. Un long procès qui dura sept ans  commence alors, il est finalement chassé de l’église comme hérétique impénitant et remis à une cours séculière qui le fait brûler vif à Rome le 17 février 1600.
Galilée ensuite proclama la nouvelle théorie astronomique du monde avec une certaine énergie de langage, bien qu'avec quelques concessions complaisantes, qui devaient diminuer l'estime qu'avaient pour lui ses adversaires. Après une première mise en garde du Saint-Office en 1616 mais encouragé par le cardinal Barberini, qui devient en 1623 le pape Urbain VIII, Galilée publie un ouvrage polémique, L'Essayeur (1624). Négociant constamment avec les autorités, il réussit en 1632 à publier le Dialogue sur les deux principaux sytèmes du monde, dans lequel il expose la validité du système copernicien face au système de Ptolémée qui fait de la Terre le centre de l'univers. Affirmant que la Terre est une planète comme les autres et qu'elle tourne autour du soleil, le savant remet surtout en cause la physique d'Aristote, proposant de repenser les lois qui régissent le mouvement des astres et des corps en leur donnant une formulation mathématique adéquate. Il avait attribué, notamment, dans ses célèbres Dialogues, au représentant de l'ancienne conception du monde, un rôle vraiment triste et niais, avec des expressions et des tournures qui, comme on le disait, étaient presque textuellement empruntées aux vues et aux réflexions exprimées dans un entretien qu'il avait eu autrefois avec le pape de cette époque. Ainsi s'était développée une certaine amertume contre lui dans les cercles compétents de Rome. Galilée perd ses derniers appuis à la Curie; le pape ne peut plus empêcher la tenue d'un procès. La renommée que le grand penseur et astronome s'était acquise, non seulement dans le monde scientifique, mais encore dans le monde laïque d'Italie, et la faveur que lui avait jusque là témoignée la maison ducale de Toscane, ne suffirent plus à le protéger contre ces puissances. Le tribunal de l'Inquisition se réunit à Rome le 22 juin 1633 et commença ce procès d'inquisition qui se termina d'une manière si pitoyable pour les deux partis, mais qui fut heureusement adouci par les efforts incessants partis de Florence en faveur de Galilée. Le grand savant fut contraint par la torture ou par les menaces de torture au crime d'abjurer ses convictions les plus profondes et la protestation à mi-voix qu'on lui attribue "Et pourtant elle tourne" ne contribue en rien à purifier sa mémoire de cette tache. L'intolérance la plus autoritaire, inhérente à toutes les communautés qui s'identifient avec une conception déterminée du monde, intolérance qui, dans le passé, a accumulé des hécatombes de victimes même du côté des partisans de conceptions mondiales plus libérales (voir le culte de la déesse Raison au temps de la Terreur), se couvrit, en l'occurence, d'une souillure ineffaçable, dont, à l'avenir, la civilisation fera ressortir toute la honte, quand reviendra l'heure décisive de pareils conflits. Ayant renié sa conviction sous la menace de la torture, et ainsi échappé aux cachots de l'inquisition, il fut jugé et condamné le 22 juin 1633. Son activité scientifique s’en trouva brisée. Il subit, pour le reste de sa vie, une sorte d'internement forcé à Arcetri, près de Florence. Il fut de plus, frappé de cécité, probablement causée par ses observervation du soleil à l’aide du téléscope. Cependant, des apotres  zélés de la science purent entrer en relations avec lui,  il continua de correspondre avec de nombreux savants français et fit également publier en 1638 ses Discours et Démonstrations thématiques en Hollande, montrant I'inutilité de sa condamnation. Grâce à ce commerce, de grandes inspirations émanèrent encore de cette puissante intelligence, au grand profit de la science. C'est durant cette époque que Galilée imagina la première installation d'une horloge à pendule et émis des considérations mathématico-physiques du genre le plus fécond. Il faut citer le développement donné à la théorie et à la mesure de la pression atmosphérique.

 

Le système héliocentrique de Nicolas Copernic
L'astronome polonais Nicolas Copernic a publié, peu avant sa mort, un ouvrage sur les mouvements des corps célestes, De revolutionibus orbium cœlestium libri sex. Il y dénonce le principe du système géocentrique, en vigueur depuis Ptolémée (IIe siècle). Pour Copernic, ce n'est pas la Terre, mais le Soleil qui est le centre du mouvement des planètes. Après des études de mathématiques, d'astronomie, de médecine et de droit, Copernic fut attaché jusqu'en 1512 comme médecin à son oncle, Lukas Watzelrode, évêque de Erlangen. Il consacrait son temps libre à ses études astronomiques et s'intéressa, après 1507, à la question des mouvements planétaires. Copernic mit tout d'abord en évidence le fait que le système géocentrique ne permettait pas de prévoir exactement les mouvements planétaires. Abandonnant la théorie de Ptolémée, Copernic put reprendre le fil des idées développées par Aristarque de Samos (vers ~310-230), qui avait, grâce à ses observations, mis au point les premières méthodes permettant de calculer la vitesse de révolution des planètes et tenté de déterminer les distances des planètes entre elles et le Soleil. Les vitesses calculées par Aristarque lui semblèrent tellement élevées qu'il en vint à estimer que c'était la Terre qui tournait autour du Soleil et non l'inverse. S'appuyant sur les idées d'Aristarque, qu'il intègre à ses travaux, Copernic explique le mouvement des constellations autour d'une étoile fixe par le propre mouvement de rotation terrestre. Cette hypothèse lui permet de calculer avec une bonne précision les mouvements planétaires, sur une orbite qu'il estime circulaire. Les travaux de Copernic marquent une révolutlon, non point tant astronomique que spirituelle, la mise en question de la vision géocentrique du monde, établie en dogme par l'Eglise, étant aussi celle de sa vision anthropocentrique.
 
Galilée condamné par l'lnquisition
C'est le moine Dominicain, théologien et philosophe, Giordano Bruno qui le premier, déjà avant le déclin du XVIe siècle, a transporté la théorie de Copernic, du domaine de l'astronomie, dans celui de la cosmographie et de la philosophie naturelle. Par là, il avait entrepris la lutte la plus chaude et la plus passionnée contre l'ancienne conception du monde, provoquant ainsi cette puissante exaltation des organes de l'église combattant alors avec une violence particulière toutes les « hérésies » comme on les appelait et qui lui attirait brusquement la mort du martyre. Ses réserve sur le dogme et sa révolte devant les abus de l’Église lui font quitter son couvent en 1576. Après une longue errence en Europe il est arrêté par l’Inquisition à son retour à Venise. Un long procès qui dura sept ans  commence alors, il est finalement chassé de l’église comme hérétique impénitant et remis à une cours séculière qui le fait brûler vif à Rome le 17 février 1600.
Galilée ensuite proclama la nouvelle théorie astronomique du monde avec une certaine énergie de langage, bien qu'avec quelques concessions complaisantes, qui devaient diminuer l'estime qu'avaient pour lui ses adversaires. Après une première mise en garde du Saint-Office en 1616 mais encouragé par le cardinal Barberini, qui devient en 1623 le pape Urbain VIII, Galilée publie un ouvrage polémique, L'Essayeur (1624). Négociant constamment avec les autorités, il réussit en 1632 à publier le Dialogue sur les deux principaux sytèmes du monde, dans lequel il expose la validité du système copernicien face au système de Ptolémée qui fait de la Terre le centre de l'univers. Affirmant que la Terre est une planète comme les autres et qu'elle tourne autour du soleil, le savant remet surtout en cause la physique d'Aristote, proposant de repenser les lois qui régissent le mouvement des astres et des corps en leur donnant une formulation mathématique adéquate. Il avait attribué, notamment, dans ses célèbres Dialogues, au représentant de l'ancienne conception du monde, un rôle vraiment triste et niais, avec des expressions et des tournures qui, comme on le disait, étaient presque textuellement empruntées aux vues et aux réflexions exprimées dans un entretien qu'il avait eu autrefois avec le pape de cette époque. Ainsi s'était développée une certaine amertume contre lui dans les cercles compétents de Rome. Galilée perd ses derniers appuis à la Curie; le pape ne peut plus empêcher la tenue d'un procès. La renommée que le grand penseur et astronome s'était acquise, non seulement dans le monde scientifique, mais encore dans le monde laïque d'Italie, et la faveur que lui avait jusque là témoignée la maison ducale de Toscane, ne suffirent plus à le protéger contre ces puissances. Le tribunal de l'Inquisition se réunit à Rome le 22 juin 1633 et commença ce procès d'inquisition qui se termina d'une manière si pitoyable pour les deux partis, mais qui fut heureusement adouci par les efforts incessants partis de Florence en faveur de Galilée. Le grand savant fut contraint par la torture ou par les menaces de torture au crime d'abjurer ses convictions les plus profondes et la protestation à mi-voix qu'on lui attribue "Et pourtant elle tourne" ne contribue en rien à purifier sa mémoire de cette tache. L'intolérance la plus autoritaire, inhérente à toutes les communautés qui s'identifient avec une conception déterminée du monde, intolérance qui, dans le passé, a accumulé des hécatombes de victimes même du côté des partisans de conceptions mondiales plus libérales (voir le culte de la déesse Raison au temps de la Terreur), se couvrit, en l'occurence, d'une souillure ineffaçable, dont, à l'avenir, la civilisation fera ressortir toute la honte, quand reviendra l'heure décisive de pareils conflits. Ayant renié sa conviction sous la menace de la torture, et ainsi échappé aux cachots de l'inquisition, il fut jugé et condamné le 22 juin 1633. Son activité scientifique s’en trouva brisée. Il subit, pour le reste de sa vie, une sorte d'internement forcé à Arcetri, près de Florence. Il fut de plus, frappé de cécité, probablement causée par ses observervation du soleil à l’aide du téléscope. Cependant, des apotres  zélés de la science purent entrer en relations avec lui,  il continua de correspondre avec de nombreux savants français et fit également publier en 1638 ses Discours et Démonstrations thématiques en Hollande, montrant I'inutilité de sa condamnation. Grâce à ce commerce, de grandes inspirations émanèrent encore de cette puissante intelligence, au grand profit de la science. C'est durant cette époque que Galilée imagina la première installation d'une horloge à pendule et émis des considérations mathématico-physiques du genre le plus fécond. Il faut citer le développement donné à la théorie et à la mesure de la pression atmosphérique.


       

L'inquisition

Ce mot, qui signifie « enquête, recherche », ne devint odieux qu'en raison des moyens employés pour obtenir des aveux—dénonciation, procédure d'accusation sans défense, et éventuellement torture—et des peines infligées, allant jusqu'au bûcher. Confiées d'abord aux évêques, les enquêtes le furent ensuite aux ordres monastiques, aux Cisterciens, puis aux deux ordres mendiants, avant d'être réservées aux Prêcheurs. Les tribunaux d'lnquisition ne furent légalement institués qu'en 1231, dix ans après la mort de Dominique, par le pape Grégoire IX. Les peines prévues étaient la prison perpétuelle, conçue comme une pénitence salutaire pour l'héréthique repentant, alors que l'hérétique obstiné, abandonné au « bras séculier», c'est-à-dire à la justice civile, était condamné à la mort par le feu. Dès 1231, l'organisation de l'lnquisition avait été confiée au prêtre Conrad de Marburg, dont le fanatisme fut à l'origine de son assassinat deux ans plus tard. Avec la collaboration active des pouvoirs publics, le réseau inquisitorial, désormais aux mains des Frères prêcheurs, s'étendit bientôt en France, en Italie et dans tout l'Empire. De ces inquisiteurs, la postérité a conservé les noms des plus impitoyables, dont certains étaient des hérétiques convertis, tel Robert le Bougre devenu Frère prêcheur et de sinistre réputation; Bernard Gui (v. 1261-1331), que rendit célèbre son Manuel de l'inquisiteur; ou Tomas de Torquemada (1420-1498), inquisiteur général d'Espagne, qui fut aussi le principal instigateur de l'expulsion des juifs d'Espagne en 1492. Il convient d'ajouter que nombre d'inquisiteurs furent assassinés, comme, en Italie, Pierre de Vérone en 1252, devenu, sous le nom de saint Pierre Martyr, le modèle des inquisiteurs.

Origine de l'inquisition.–
Elle est établie dans le Languedoc contre les Albigeois—L'organisation d'un tribunal ayant pour but spécial la recherche et la punition des hérétiques et des ennemis de la foi catholique, remonte seulement au treixième siècle et fut motivée par l'hérésie des Albigeois. Le pape Innocent III chargea en 1203 deux moines de Citeaux, Pierre de Castelnau et Raoul, de prêcher contre les Albigeois; ce qu'ils firent avec ardeur. Encouragé par leurs succés, le pape créa des inquisiteurs indépendants des évêques, qui Jusqu'alors avaient rempli ces fonctions, et les chargea de poursuivre les hérétiques. Il nomma pour légats apostoliques l'abbé de Citeaux et les deux moines que nous venons de désigner. Il leur donna plein pouvoir pour ramener les hérétiques à la foi et livrer a l'autorité séculiére ceux qui refuseraient de se soumettre. Cependant, les évêques qui perdaient ainsi des droits importants, le roi de France et les barons effrayés de cette nouvelle institution qui augmeutait encore 1a puissance de la papauté, s'opposérent aux volontés d'lnnocent III; mais les légats, loin de se décourager, s'adjoignirent douze autres moines de leur ordre et deux Espagnols, dont l'un était St. Dominique. Ces événements, qui donnérent naissance à l’Inquisition, se passaient vers 1208. Peu après, l'ardent Dominique fonda un ordre de la régle de St. Augustin, qu'Innocent III chargea de prêcher contre les hérétiques.


Le pape Grégoire IX instaure l'lnquisition à Rome en 1232
Grégoire IX organisa le tribunal de l'inquisition, et confia aux Dominicains et aux Franciscains les fonctions d'Inquisiteurs. En bon juriste, il avait établi une procédure particulière pour juger et dépister les hérétiques; récemment encore, le comte de Toulouse Raimond VII et les plus grands seigneurs de la France avaient été contraints par la papauté d'en user sur leurs propres domaines. L'Inquisition était déjà un tribunal extraordinaire. Elle devient avec Grégoire IX une juridiction encore plus extraordinaire par sa composition. Les évêques sont désormais déchargés de la poursuite de l'hérésie. Les nouveaux inquisiteurs se recrutent exclusivement dans l'ordre des Dominicains. Ils acquièrent là le privilège d'une tâche impopulaire qui n'est pas sans risque pour eux-mêmes. Les inquisiteurs procèdent en quatre étapes. Tout d'abord dès qu'ils arrivent dans une ville ou un village a lieu une prédication
publique. Leur zèle, leur éloquence enflammée et parfois terrible trouvent là leur juste emploi. Après avoir ainsi impressionné les populations, ils leur accordent un « temps de grâce »; cela veut dire qu'ils laissent aux apostats et aux hérétiques de toutes sortes un délai pour avouer publiquement, qui une inclination au catharisme, qui une propension au valdéisme. Les membres de diverses sectes sont ainsi invités à se démasquer spontanément. S'ils le font, le pardon leur est assuré. Mais une fois le délai de repentir expiré, les dominicains inquisiteurs passent à un interrogatoire systématique de la population. Ils recherchent les suspects. Le plus grand secret couvre cette démarche. Les dénonciateur peuvent garder l'anonymat s'ils le désirent et ils n'auront jamais à déposer publiquement. Les suspect sont ensuite passés à la « question » interrogatoire qui peut s'accompagner de torture. Enfin, après avoir délibéré avec les notables du pays et l'évêque du lieu, les dominicains prononcent des sentences au cours d'un sermon public. Les peines sont variables : la mort, la réclusion à perpétuité, la prison temporaire qui s'accompagnent de la confiscation des biens des condamnés. Les dominicains infligent aussi des pénitences collectives : jeûnes, pèlerinages. Les inquisiteurs ne se déplacent pas avec une armée. Ils demandent sur place l'appui des pouvoirs temporels. Le pape a fait savoir qu'il exercerait un pouvoir de contrôle sur les sentences.


La répression contre les sorcières
Le 5 décembre 1484 le pape Innocent VIII publie la bulle Summis desiderantis, qui organise la lutte contre la sorcellerie. Les « chasseurs de sorcières » sont dotés des pleins pouvoirs; les opposants à la politique d'éradication mise en place par l'Eglise sont menacés de sanctions. Les sorcières sont rendues officiellement responsables du mauvais temps, de la mort du bétail et des maladies; elles sont également accusées de commerce sexuel avec Satan et ses suppôts. Dans l'imaginaire populaire, elles se rendent à leurs sabbats en volant sur des balais. Le principe de l'Inquisition est simple: toute personne accusée de sorcellerie, le plus souvent une femme, est torturée jusqu'à ce qu'elle avoue le crime qui lui est reproché. Un autre procédé, le Jugement de Dieu, consiste à plonger les malheureuses dans l'eau : celles qui se noient sont innocentes, celles qui réussissent à nager ne peuvent le faire qu'avec l'aide du diable et passent de l'eau aux flammes. Le plus souvent amenées devant les tribunaux ecclésiastiques par délation, les « sorcières » n'ont aucune chance d'échapper à leur sort : elles meurent sous la torture ou dans les flammes.


Le Saint-Office supervise l'lnquisition
Le 21 juillet 1542, à Rome, le pape Paul III décide de constituer une instance destinée à coordonner la lutte contre la Réforme : le Saint-Office sera composé de six cardinaux. La nouvelle autorité sera responsable de tous les tribunaux ecclésiastiques. La création du Saint-Office (sa dénomination exacte est Congregatio Romanae et Universalis Inquisitionis) entraîne celle de l'Inquisition romaine et l'intensification de la lutte contre les hérétiques. L'Inquisition est toute puissante en Espagne depuis la nomination d'un Grand Inquisiteur en 1478 : les premiers autodafés et exécutions de condamnés avaient eu lieu à Séville en 1481. Outre la condamnation au bûcher, I'Inquisition peut procéder à la saisie des biens des suspects.
En 1567 le pape Pie V crée la congrégation de l’index, tribunal de la Curie chargé d’examiner les livres et de s’assurer avant leur diffusion, qu’ils ne contiennent aucun élément suspecte d’hérésie. La condamnation d’Arius par le concile de Nicée en 325, le décret de gélasien au Ve siècle, celui de Gracien en 1140 et les décrétales de Grégoire IX en 1244 avaient déjà posé les bases de la sévère organisation de l’Index Liborum prohibitorum.


L'inquisition en Italie.—Dès l'an 1221 des symptômes d'hérésie s'étant manifestés en Italie et même à Rome, Honorius y établit l'inquisition qui bientôt après se propagea dans toute la péninsule. I1 est nécessaire d'ajouter, pour comprendre le rôle de l'inquisition italienne que les papes firent sans cesse d'immenses efforts pour constituer 1'unité de l’Italie, et détruire dans ce pays la domination des Allemands; être partisan de l'empereur était un crime que l'inquisition poursuivait.
Nous avons dit que 1'inquisition exista dans toute l’Italie; Naples cependant résista constamment aux ordres du pape, et ne voulut jamais laisser l'inquisition s’établir dans ses murs.
Quant à la république de Venise aprés avoir lutté longtemps contre les papes, fut obligée de se soumettre.
Venise, par sa position et sa puissance, était enrièrement en dehors de l’otorité du Saint-Siège, et l'on sait qu'au seizième siècle Jule II, qui travailla si ardemment à établir l’unité italienne, crut devoir commencer son œuvre en domptant Venise avec l’aide de Louis XII. Venise avait toujours refusé d’admettre 1'inquisition, afin de ne pas donner aux papes le seul moyen qui leur  manquait pour établir leur influence d’abord, et leur auto ensuite dans la seigneurie. Le sénat venitien résistat à onze pontifes; cependant Nicolas IV obtint du doge Gradinigo, en 1289, l’ établissement de 1'inquisition à Venise. Gradenigo venait de fonder un gouvernement despotique; il avait espéré que l’aristocratie venitienne pourait se servir de 1'inquisition comme d’un instrument politique tout à son profit, mais il n’en fut rien; dès lors 1'inquisition et le sénat furent en lutte et la victoire resta au sénat. Par la constitution des 39 articles (donné au seizième siècle),  le sénat limita si bien les pouvoirs des inquisiteurs et se réserva une telle autorité dans la direction du tribunal, que la papauté qui avait espéré qu'à l’aide du temps Venise faiblirait, fut trompé dans son attente. L'article 4 de cette  constitution avait surtout pour but d’empêcher que les inquisiteurs ne puissent diminuer l'autorité temporelle du prince. Venise dans l'intérét de son commerce eut le soin de mettre les juifs et les Grecs à l'abri des poursuites de 1'inquisition (art. 24, 25);  elle ne laissa au Saint-Office que le soin de juger les cas d'hérésie  bien déterminés et réduits à six qui sont slipulés dans l'art. 33.


L’inquisition en France.—L'inquisition a existé d'abord dans le Languedoc, comme nous l'avons déjà dit; mais alors le Languedoc ou comté de Toulouse, était un pays indépendant des rois de France, et qui ne fut réuni à leur domaine que sous le régne de Philippe-le-Hardi. La Provence où 1'inquisition s'était élablie, venait de passer à Charles d'Anjou son frére; il semblait donc qu'existant dans le sud du royaume, elle devait étendre facilement son autorité dans la partie septentrionale; mais l'esprit de l'université de Paris, les idées du clergé français la volonté des rois, arrétérent les inquisiteurs, la conduite religieuse de la France pendant tout  le quinzième siecle força même 1'inquisition à abandonner le Languedoc et la Provence.
Au seizième siècle, les progrès du calvinisme firent penser aux Guises que l’on pouvait réinstituer facilement 1'inquisition, dont ils espéraient se servir aussi comme d'un puissat instrumentpolilique. Le roi d'Espagne les encourageait ainsi que le pape Paul IV; après la conjuration d'Amboise le cardinal de Lorraine proposa à Francois ll d'établir l'inquisition; mais le chancelier Michel de l'Hospital, en promulguant l'édit de Romorantin (1560), qui attribuait aux évêques la connaissance des crimes d'hérésie renversa les projets des Guises.
L’inquisition en Allemagne.— Les hérétiques se répandirent bientôt du midi de la France dans toute 1'Europe, et l'inquisition essaya de les poursuivre. D’abord les papes voulurent établir ce redoutable tribunal en Allemagne. Le résultat des guerres du sacerdoce et de l'Empire, où la victoire penchait en faveur de l'empereur, pouvait étre changé par l'inquisition; quelques seigneurs et l'empereur Frédéric II lui-même, se prêtèrent à son établissement dans leurs Etats; mais ce fut en vain, les populations se soulevérent de tous côtés et la persévérance des inquisiteurs cédant à la résistance inébranlable des Allemands, les papes renoncèrent à leur projet.
Il faut ajouter ici que tous les peuples du Nord, les Anglais surtout, repoussérent toujours l'inquisition.


L'inquisition en Espagne.—L'existence de l'inquisition en Espagne remonte à 1232: c'est à Tarragone, en Catalogne, qu'on la trouve d'abord établie. L'ordre des Dominicain se répandit bientôt dans toute l'Espagne; les hérétiques albigeois bégards et autres furent poursuivis avec ardeur et de nombreux auto-da-fé eurent lieu pendant le cours du quatorzième siècle dans le royaume d’Aragon. Le Saint office ne semble pas avoir exercé dans la Castille son redoutable ministère jusqu’au règne d’Isabelle.
Au quatorzième et quinzième siècle, l’Espagne abritait de nombreux juifs et musulmans; leurs séjours, leurs richesses et leurs relations avec les grenadins et l’Afrique du nord, donnèrent des craintes aux Espagnols; de nombreuses émeutes éclatèrent, à l’occasion desquelles plusieurs milliers de juifs furent massacrés. Pour échapper à la mort, plus de cent mille familles adoptèrent en apparence la christiannisme. Pour forcer ces Marranos à rester fidèle à leur nouvelle religion, Ferdinand V résolut de les soumettre à 1'inquisition. Torquemada, prieur des Dominicains de Séville, obtenant d’Isabelle de laisser établir l'inquisition en Castille, les Marranos de ce pays furent alors poursuivis à outrance par les inquisiteurs.
L'inquisition espagnole fut constituée par une bulle du pape Sixte IV. En 1485 Thomas de Torquemada fut nommé grand inquisiteur; toutes les provinces de l’Espagne furent soumisent à son autorité; on créa un conseil général appelé Conseil de la suprême et en 1484 la junte inquisitoriale de Séville publia un code en 28 articles, sous le titre d’instructions. Ainsi contituée, l'inquisition toute-puissante, supérieur au souverain lui-même, devint un instrument dont les rois surent se servir pour établir l’unité religieuse en chassant ou tuant les juifs, les maurisques et les luthériens; pour abattre la puissance de la noblesse, pour détruire les privilèges des villes, des corporations et des divers ordres de chevaleries, établissant ainsi la monarchie absolue.
Les principaux actes de l'inquisition sont l'expulsion des Juifs en 1492; l'expulsion des Maures de Grenade en l502; l’expulsion des Morisques en 1609. Ces trois émigrations en masse enlevèrent à l'Espagne plus de 4 millions d'habitans riches et industrieux. On compte, dit Llorente, de 1481 à 1808, 34 688 individus brûlés vifs, 18 049 brulés en effigie (c'est-à-dire morts en prison avant l'auto-da-fé, condamnés après leur mort pour la plupart, et dont le cadavre était supplicié), 288 214 condamnés aux galéres ou à la prison. Tolal, 340 921 individus atteints par l'inquisition. Sur ce nombre, Torquemada, en seize ans, en a fait bruler vifs 10 220, en effigie 6 840 et emprisonner 97 371. En un mot, Torquemada à lui seul a condamné 114 251 individus c'est-à-dire le tiers du nombre total des viclimes du Saint-Office. La rigueur impitoyable de Torquemada va susciter de vives protestations en Aragon et en Catalogne et la réprobation du pape Sixte IV lui-même.
Philippe II établit l'inquisition dans tous les pays qui lui appartenaient: en Sicile (1512); dans les Pays-Bas en 1566 en Sardaigne, à Lima, à Carthagène et à Mexico en 1570; il y eut des insurrections contre le Saint-Office dans toutes les coutrées; son établissement dans les Pays-Bas amena la perte de la Hollande; mais partout ailleurs Philippe II triompha.


Le duc d'Albe instaure le "Conseil du sang"
Le 5 septembre 1567 Philippe II charge le duc d'Albe, un fanatique brutale et sans scrupule qui avait le sentiment de combattre en soldat du Christ, de mettre un terme à l'insurrection des Pays-Bas, de réprimer l'hérésie et d'instaurer le régime espagnol. La régente, Marguerite de Parme, ayant quitté Bruxelles pour rejoindre l'Italie, il est donc le seul maître du pays. Dès son arrivée, il installe un régime de terreur. Le 5 septembre, il crée le Tribunal des troubles, surnommé le « Conseil du sang », qui exerce une redoutable juridiction, jugeant et faisant exécuter les rebelles, sans considération des lois ou des coutumes locales, ni même des privilèges de la noblesse. Plus de 8 000 rebelles sont condamnés à mort. L'Inquisition est également établie aux PaysBas, où elle instruit des procès pour hérésie. Arrêté en septembre 1567, jugé par le
« Tribunal des troubles », le comte d'Egmont est exécuté le 5 juin 1568. C'est Philippe II qui, lors de son avènement, avait appelé Lamoral d'Egmont, jeune gentilhomme du Hainaut (né en 1522) à siéger au Conseil d'Etat des Pays-Bas, en même temps que le prince d'Orange et Philippe de Hornes. En 1563, lorsque le roi voulut introduire l'Inquisition aux Pays-Bas et limiter les franchises du pays, tous trois quittèrent le conseil en signe de protestation et devinrent les symboles de la résistance. Lorsque l'insurrection éclate, en 1565, Egmont, loyal sujet, partit pour l'Espagne, espérant encore amener Philippe II à plus de modération; en vain.
Au dix-buitième siècle, pendant le règne de la maison de Bourbon, l'inquisition cessa presque d'agir; sous Charles IV il n'y eut personne de brûlé,  42 individus «seulement» furent emprisonnés. En 1808, Napoléon abolit l'inquisition, mais en 1815 Ferdinand VII la rétablit; elle fut de nouveau détruite par la révolution de 1820. Les colonies espagnoles en furent délivrées en même temps que la métropole.
L'inquisition en Portugal.—En 1526, un moine dominicain porteur d'un bref supposé du pape Paul IV, se présenta à Jean III, et lui remit ce bref par lequel la création d'un tribunal de l'inquisilion en Portugal était ordonnée. Le tribunal fut crée, et poursuivit les juifs comme en Espagne. On reconnut la fourberie du moine, on l'envoya aux galères; mais l'inquisition ne fut pas détruite. Bientôt après, la conquête du Portugal par Philippe II lui donna une force nouvelle, et celle-ci s'en servit pour consolider sa domination. Après la révolution de 1640, Jean IV ne put que diminuer l'aulorité et l'action de l'inquisition; mais le Saint-Office sut bientôt reprendre tout son pouvoir, et à la mort de Jean IV l'inquisition excommunia son cadavre.
Du Portugal, le Saint-Office passa dans les Indes; il fut établi à Goa en 1536; il y poursuivit les protestants, les juifs et les mahométans convertis, qui étaient suspects d'avoir abandonné la foi.
Déjà attaquée au dix-huitième siècle, l'inquisition fut détruite au Portugal pendant l’occupation de ce pays par les Français.



Quelques victimes célèbres

de l’intolérance religieuse


Jan Hus qui condamnait les trafics vénaux de l’église est excomunier et brulé vif à Constance en 1415, Jeanne d’Arc aprés un procés inique présidé par l’évêque Cauchon assisté du vice-inquisiteur est « jugé » comme sorcière et condamnée au bucher en 1431, l’imprimeur et érudit Etienne Dolet, condamné pour blasphème, sédition et hérésie par la faculté théologique de Paris, est pendu et brulé place Maubert à Paris en 1546,  le conseiller Anne de Bourg qui, pour avoir protesté devant le roi Henri II contre l’édit d’Ecouant qui visait à « l’extirpement de l’hérésie », est pendu et brulé en 1559, Le typographe et humaniste Enri II Estienne publie en exil une satire des mœurs catholiques, le Dominicain philosophe et théologien Giordano Bruno révolté par les abus de l’Eglise quite son couvent en 1576, après une vie errante en Europe, il est arrêté par l’inquisition à son retour à Venise. Cette ardant défenseur du système héliocentrique de Copernic, qui l’amêne à postuler l’infinité du monde, est brulé vif à Rome en 1600.  

       

 




 

 

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